Que faire ?

Le remplacement du pétrole est le défi industriel du siècle.

Après avoir posé le diagnostic — environnement, énergie, économie, démocratie — la question finale est la seule qui compte : que faire ? Le cours identifie quatre chantiers prioritaires : le remplacement du pétrole, la réorganisation de l'agriculture, la refondation démocratique, et la préparation psychologique aux changements à venir.

Le premier chantier est technique : remplacer le pétrole. C'est un défi industriel d'une ampleur comparable à la révolution industrielle. Il faut trouver des sources d'énergie qui soient simultanément pilotables, stockables, transportables, à haut rendement — tout ce que le pétrole fait mieux que les alternatives.

L'éolien et le solaire produisent de l'électricité, mais pas en continu et pas pilotable. Le nucléaire est pilotable mais pas facilement stockable ni transportable. Les batteries sont en progrès mais lourdes et chères. L'hydrogène est prometteur mais son rendement est médiocre (30% de perte à chaque conversion).

French priorities poll
Les priorités des Français (août 2023) — l'environnement à 25%, loin derrière le pouvoir d'achat.

Deuxième chantier : l'agriculture. La dépendance de l'agriculture aux fossiles (engrais, tracteurs, transport) est le maillon faible de notre système alimentaire. Les agriculteurs ne sont que 2% de la valeur ajoutée totale pour 21% de la dépense alimentaire des ménages. L'augmentation de leur productivité n'est due qu'aux énergies fossiles — sans elles, tout le château de cartes s'effondre.

Le remplacement du pétrole dans l'agriculture passe par : le retour à des systèmes moins intensifs en intrants, la relocalisation des productions, la réduction du gaspillage alimentaire, et une modification des régimes alimentaires (moins de viande, moins de produits transformés).

Troisième chantier : démocratique. Les crises environnementale et économique ne pourront être résolues sans une refondation de la confiance politique. Les symptômes dépressifs, l'anxiété et les biais de comparaison sociale associés aux usages intensifs des réseaux sociaux ne sont pas anecdotiques — ils affectent la capacité collective à agir.

Quatrième chantier : psychologique. Accepter que le monde de demain ne sera pas une version améliorée du monde d'hier. La croissance infinie dans un monde fini est une impossibilité physique, pas une question d'opinion. S'adapter, ce n'est pas renoncer — c'est choisir ce qu'on veut sauver.

Happiness and income
Le bien-être et le bonheur ne dépendent pas que du revenu — repenser nos priorités.

Le cours se termine sur une question ouverte : à quoi ressemblera le monde de demain ? Les étudiants sont invités à réfléchir par thèmes : habiter, se nourrir, travailler, se déplacer, faire société. Les réponses ne sont pas dans le cours — elles sont à construire collectivement.

Le rôle du Sullivan Club, c'est de donner les clés — chiffres, faits, mécanismes — pour que chacun puisse se forger une opinion éclairée. Pas de prêt-à-penser. Pas de solutions magiques. Juste les données qui permettent de comprendre pourquoi le monde change, et pourquoi on ne peut plus faire semblant de rien voir.

Le XXIe siècle ne sera pas une version améliorée du XXe. Les solutions existent, mais elles impliquent des ruptures — dans notre rapport à l'énergie, à l'agriculture, à la démocratie, et à nous-mêmes. Le pire n'est pas inéluctable, mais il est possible. Le meilleur est possible, mais il ne se fera pas tout seul.

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