10 milliards d'humains
La population mondiale a été multipliée par 4 en un siècle.
En 1950, nous étions 2,5 milliards d'humains sur Terre. En 2020, 7,95 milliards. En 2080, les projections des Nations Unies prévoient un pic autour de 10,4 milliards, avant une possible stabilisation, voire un début de déclin. C'est une trajectoire sans précédent dans l'histoire de l'humanité.
Cette croissance n'est pas uniforme. La transition démographique — le passage d'un régime de natalité et mortalité élevées à un régime de faible natalité et faible mortalité — s'est produite à des rythmes très différents selon les régions. L'Europe l'a achevée au début du XXe siècle, l'Asie dans la seconde moitié, et l'Afrique est encore en plein milieu du processus.
Les travaux de Thomas Piketty (Le Capital au XXIe siècle) et Angus Maddison montrent que le taux de croissance annuel moyen de la population mondiale sur la période 1700-2012 est de 0,8%. Mais ce chiffre cache des disparités considérables : l'Afrique a connu des taux proches de 2-3% par an.
Chaque humain supplémentaire, c'est une bouche à nourrir, un corps à loger, une consommation d'énergie et de ressources. Le lien entre population et pression environnementale est évident — mais il n'est pas mécanique. Un Américain consomme en moyenne 10 fois plus de ressources qu'un Indien. L'impact d'une population dépend autant de son mode de vie que de son effectif.
10 milliards d'humains, ce n'est pas un problème en soi. C'est la combinaison de cette population avec des modes de consommation énergivores et un système économique qui exige la croissance qui pose problème. La question démographique est indissociable de la question des inégalités.